Auray, Bretagne

Préserver l’histoire, partager la musique

L’association Alre Orgues œuvre pour la sauvegarde et la valorisation de l’orgue Waltrin et Heyer de l’église Saint-Gildas à Auray (56). Construit en 1761 et classé aux Monuments Historiques, cet instrument d’exception est au cœur de notre engagement. Par délégation de la paroisse, notre association centralise et instruit également l’ensemble des demandes de concerts pour les églises du secteur d’Auray et Pluneret, garantissant ainsi une offre culturelle de qualité accessible à tous.

Bilan 2025 et actualité technique

L’année 2025 a été marquée par une riche programmation, principalement accueillie à l’église Saint-Goustan en raison des incertitudes liées à l’ouverture de Saint-Gildas. Actuellement, la mairie mène une expertise cruciale pour sécuriser et réparer la tribune de l’orgue. Bonne nouvelle : malgré ces travaux, l’instrument reste accessible et prêt à résonner pour la nouvelle saison.

Une saison 2026 prometteuse

Une programmation exceptionnelle se dessine déjà pour l’année à venir. Dès le mois de mars, nous aurons le plaisir d’accueillir l’ensemble Gospel Morbihan.

Agenda

Anne Sorges - Gospel Morbihan

sam. 28/03 à 20h30

Gospel Morbihan

Église Saint-Gildas, 56400 Auray

Après le succès éclatant de leur concert de Noël, l’ensemble Gospel Morbihan investit de nouveau l’église Saint-Gildas pour une soirée placée sous le signe de l’émotion et du partage. Sous la direction passionnée d’Anne Sorges, laissez-vous emporter par la ferveur de leurs voix et l’énergie communicative de leur répertoire.

dim. 29/03 à 16h00

Chorale Sylvia et Kanerien Quimperlé

Église St Pierre & St Paul, 56400 Pluneret

L’église de Pluneret accueille la chorale Sylvia et les Kanerien Quimperlé pour un concert mêlant répertoires profane et sacré, du grégorien au XXe siècle. La chorale Sylvia de Sainte-Anne-d’Auray, ce sont 48 ans de chant portés par des chefs de chœur passionnés. Créée par le père Adrien Collet, c’est aujourd’hui Gilles Demurger qui tient la baguette. Participation libre

dim. 26/04 à 17h00

Julie Zenatti

Église Saint-Gildas, 56400 Auray

Révélée très jeune par le succès phénoménal de Notre-Dame de Paris, Julie Zenatti, vous convie à une expérience musicale hors du commun. Sa nouvelle tournée prend vie dans des lieux d’exception, où l’histoire et l’émotion résonnent à l’unisson : églises et cathédrales. Réservations sur HelloAsso

Philippe Bataille

6/07 > 31/08 de 11h15 à 12h00

L’orgue s’invite au marché

Église Saint-Gildas, 56400 Auray

Prolongez l’ambiance du marché avec une pause musicale suspendue ! Chaque lundi d’été, l’association Alre Orgues vous propose des concerts pour mettre en lumière l’orgue. Participation libre

Orgue

L’orgue Waltrin & Heyer : 3 claviers, 4 plans sonores, 27 jeux et plus de 1400 tuyaux

L’époque baroque

Dès 1701, l’église disposait de l’ancien orgue de la chapelle Notre-Dame qui venait d’y être déplacé. Mais il est jugé inadapté à l’édifice et doit être remplacé par un orgue plus complet. Cet instrument est commandé par la communauté de ville, le 6 août 1759, au sieur Waltrin, facteur d’orgues vosgien, habitant alors Morlaix. Il est assisté de Jacques Magué qui réalise la partie en bois.

Le 28 septembre 1761, les travaux sont achevés et expertisés par l’organiste de la cathédrale de Vannes et celui des Jacobins de Guérande.

Restauration de style romantique

En 1855, la restauration est confiée à Jules Heyer. Originaire de Silésie (l’actuelle Pologne), il est installé à Quimper et est l’ancien collaborateur de Cavaillé-Coll. Il reconstruit l’orgue dans le style romantique allemand.

Il réutilise une grande partie du matériel sonore d’origine. L’instrument perd de son caractère original mais gagne nettement en fiabilité. On trouve dans la facture de Heyer des traits typiquement saxons mêlés de couleurs typiques de la facture romantique française.

En 1795, La Chouannerie oppose républicains et royalistes dans l’ouest de la France. Après le débarquement des émigrés à Quiberon, des prisonniers internés dans l’église détériorent l’orgue.

Église Saint-Gildas

400 ans d’histoire depuis la pose de la première pierre

22 mai 1623 : Charles de Lorraine, duc de Guise, pose la première pierre de l’église Saint-Gildas

1641 : L’église est achevée, à l’exception du clocher

1701 : Ajout du clocher-porche. On déplace l’orgue de la chapelle Notre-Dame à l’église Saint-Gildas.

1759 : Le petit orgue est jugé inadapté à l’édifice. Un nouvel instrument est commandé le 6 août 1759, au sieur Waltrin, facteur d’orgues vosgien, habitant à Morlaix. Il est assisté de Jacques Magué qui réalise la partie en bois de l’instrument.

1760 : Le petit orgue est démonté et transféré dans une chapelle aujourd’hui disparue. Il n’a été conservé aucune trace de cet instrument.

1761 : Les travaux sont achevés et expertisés le 28 septembre 1761 par l’organiste de la cathédrale de Vannes et celui des Jacobins de Guérande. L’instrument a alors 25 jeux sur trois claviers et pédalier.

1795 : En pleine période révolutionnaire, l’orgue est endommagé par des prisonniers enfermés dans l’église.

1833 : La foudre frappe l’église le 3 juin 1833 et endommage l’Orgue. Les réparations sont effectuées par les frères Claude de Mirecourt (Vosges).

1855 : L’instrument est reconstruit dans le style romantique allemand par Jules Heyer. Il réutilise une grande partie du matériel sonore d’origine et refait l’harmonisation. L’instrument perd de son caractère original mais gagne nettement en fiabilité. On trouve dans la facture de Heyer des traits typiquement saxons (coupe au ton, bouches hautes, chapes en biseau,jeux gambés, anches libres) mêlés de couleurs typiques de la facture romantique française (flûte harmonique, anches, pleinjeu progressif).

1895 : L’orgue est à nouveau endommagé lors du remplacement de la voûte en lambris par l’actuelle voûte à caissons. Georges Claus le restaure.

1946 : L’orgue est restauré dans les ateliers parisiens de la maison Pleyel/Cavaillé-Coll. Il est entièrement nettoyé et l’harmonisation est revue.

1956 : L’instrument subit une intervention du facteur Maurice Gobin de Lorient, lequel répare la mécanique et la soufflerie et modifie la composition dans un style plus néo-clasique : Au Récit expressif, le Trombone, la Voix Humaine et le Hautbois sont supprimés et remplacés par le Hautbois du Positif et la Viole de Gambe du Grand-orgue. Au Positif de dos, un Plein-jeu III est rajouté et le Cromorne est décalé en Clarinette 8′. Le Grand-orgue est complété d’un Plein-jeu IV, d’une Flûte 4′ et d’une Tierce 1 3/5.

1977 : Classement de l’orgue (partie instrumentale) au titre des Monuments Historiques

1978 : Classement du buffet et de la tribune au titre des Monuments Historiques


1979 : La maison Beuchet/Debierre de Nantes procéde à une restauration. Le buffet retrouve sa couleur originale. Le matériel sonore fait l’objet d’un relevage. Ajout d’une Bombarde 16′ en bois et supression de la Flûte 4′ à la pédale.

2007 : Le ventilateur électrique de l’orgue tombe en panne au cours de la messe de Noël. Il est aussitôt remplacé.

2010 : L’association Les Amis de l’orgue de Saint-Gildas est créée par Gaston Ruigidel.

2012 : Nicolas Toussaint procède à la réfection des circuits électriques et du pédalier, ainsi qu’au soudage de la tuyauterie.

2023 : L’association Les Amis de l’orgue de Saint-Gildas change d’identité pour devenir Alre Orgues. Ce changement s’accompagne d’un élargissement de ses missions : l’association centralise et instruit les demandes de concerts dans les églises de l’ensemble paroissial d’Auray et de Pluneret.

2024 : Pendant les travaux de remise en état du beffroi, le maître d’œuvre diagnostique une grande fragilité de la tribune portant les orgues, faisant craindre son effondrement. L’église Saint Gildas ferme le 22 mars et rouvre le 27 octobre.

Orgue

Jules Heyer, un facteur allemand immigré en Bretagne

Ouvrier d’Aristide Cavaillé-Coll

Karl Ewald Julius Heyer alias Jules Heyer  est né le 9 mars 1818, à Ober – Schönfeld (aujourd’hui Krasnik Gorny, en Pologne) en basse-Silésie.  Il apprend le métier auprès de Johann Simon Buchholz à Berlin, qui le charge de chaperonner son fils Carl-August Buchholz (encore mineur) à Quimper où celui-ci doit rejoindre Cavaillé-Coll comme apprenti sur le chantier de l’orgue de la cathédrale, en 1847. Et oui, de tout temps, les facteurs d’orgues ont toujours été de grands voyageurs !

Jules Heyer s’installe ensuite en cette ville où il figure dans les listes du recensement de 1851 comme exerçant la profession de facteur d’orgues et se convertit au catholicisme.  A ses débuts quimpérois, son ouvrier-compagnon est Bernhard Thiemann, un allemand lui aussi. L’administration lui donne alors indifféremment les prénoms de Jules, Charles ou Edmond, et parfois Charles-Jules! Il cesse ses activités en 1893. Son petit atelier de Quimper (il ne semble avoir eu qu’un seul ouvrier) ferme alors définitivement. Jules Heyer meurt le 5 janvier 1900 au couvent des Augustines de Pont-L’abbé où il s’était retiré.

Sa région natale, toute proche de la Saxe et de la Thuringe, est riche d’instruments du XVIII° siècle signés de Gottfrie, Silbermann, Casparini, Joachim Wagner,  Zacharias Hildebrandt etc…